jeudi 21 mai 2009

Juste dans mes rêves

Juste dans mes rêves - Texte oublié
Elle prend la bouteille soigneusement rangée à l’endroit le plus frais regardant, fascinée, les traces sur toute la longueur du verre. Elle oblige ses yeux à ne pas faire le tour de la bouteille. Oui, elle a forcément été posée. Elle s’interdit de penser au karma de cette bouteille. Dans la cuisine, elle éteint la lumière pour se servir un verre et boire la première gorgée dans la pénombre. Toutes ses saveurs et ce plaisir qui glissent ; et le nez empli des odeurs de ce doux vin de la réconciliation.
Que les mots peuvent être durs et obsédants. La lutte continue.
Les images si douces sont dans les tranchées et sortent en vagues ordonnées. Dans cette guerre programmée, elle autorise ses entrailles à se tordre, les dents serrées pour quand même ne pas pleurer encore. Comment les transformer ces mots ? Et pour en faire quoi ? S’autoriser encore quoi ? Pour se perdre plus ?
Elle a choisie de souffrir maintenant. Ce silence semble un vrai silence pourtant la vie est bien là, autour, même dans cette nuit noire.
C’était la pleine lune, comment ne pas croire à une embuscade organisée par quelques anges de la destinée mal intentionnés.
Il entre dans ses rêves et s’impose encore dans ceux qu’elle fait éveillée. Cette injustice sera dure à combattre.
Il a envie d’en savoir plus, de la rencontrer. Il n’a pas vu les traces de la bataille. Le bleu des yeux a du rester limpide. Il entreprend d’organiser les moyens de la revoir. Il aura lutté un peu contre ce bon sens inopportun.
Elle a trop tardée, il l’a rappelle à l’ordre.
Chaque gorgée la rapproche du moment où il n’y en aura plus.
How many times dit la chanson. Now I know it’s too late. How many times I couldn’t sleep cause I saw You dying in my dreams.
Que se passe-t-il? Pourquoi ses jambes se croisent d’une façon drôle et maintenant si incongrue ? Elle vient de lui serrer la main et d’envisager l’éventualité de le rencontrer de nouveau, peut-être si une autre occasion se présentait dans une autre vie.
- Je voudrais savoir si je peux vous appeler ?
Et là cette dernière salve semble si précise. Elle tombe. Elle glisse. Elle sait qu’elle a lutté et là, elle ne luttera pas maintenant.
Finir juste ce verre, dans la bouteille il en reste encore.

4 commentaires:

Céline a dit…

Texte de 2006...?? Tu parlais il y a peu de temps de ma mémoire...

Isa a dit…

Oui 2006 !
A travers le temps, je cherche toujours la même chose...

Isa a dit…

Je suis constante en cela.

Isa a dit…

La différence aujourd'hui, c'est que j'en ai clairement conscience.

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